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L’Université de Lille 1 :

Jalon pour une histoire

mercredi 17 avril 2019 par Jacques DUVEAU

Discours prononcé à l’Université de Lille 1 le 20 décembre 2017

 

L’UNIVERSITE DE LILLE 1 : JALON POUR UNE HISTOIRE

 

Jacques Duveau, président de l’ASA

Discours prononcé à l’Université de Lille 1

le 20 décembre 2017

Quand j’ai accepté de faire cette intervention, j’en sous-estimais les difficultés. Je ne suis pas historien, les données concernant les premières années sont très lacunaires et les archives disponibles ont été remises, il y a deux ans, après tri par l’ASA, aux Archives Départementales. Et de plus j’ai été un acteur, ce qui a peut-être perverti ma vision.

L’acte de naissance, c’est l’arrêté du 29 Octobre 1970 portant création de « l’université des sciences et techniques de Lille ». A cette dénomination s’adjoindra rapidement le terme « Flandres Artois » (projection logo). L’arrêté de création de Lille 1 inclut en effet parmi les composantes : « les sciences exactes et naturelles à Calais » (une antenne issue de la faculté des sciences), l’IUT de Béthune sans oublier la station marine de Wimereux. Cette dénomination indique la volonté de l’université d’avoir une vocation régionale. Elle sera utilisée jusqu’en 1992.
    Après la création des universités du Littoral et d’Artois fin 1991, la dénomination se transforme en Université Sciences et technologies de Lille. (nouveau logo)
    En 2009, nouveau changement : elle devient « université Lille 1 Sciences et technologies ». Le terme Lille 1 apparait alors explicitement.
    Avec la perspective de la fusion, le quatrième logo avant celui de l’UdL.
    Avant d’en venir à la création proprement dite de l’université, je vais faire un détour par le contexte dans lequel elle se crée.

Le contexte général d’abord

En 1970 la population du Nord Pas de Calais est la population la plus jeune de France (elle l’est encore aujourd’hui) avec un taux des 15-24 ans dans la population totale supérieur de 3% à la moyenne nationale. Le retard de scolarisation est très important. La population active est relativement peu qualifiée compte tenu de la structure d’un appareil productif qui commence à être en crise. Les organismes de recherche sont quasiment absents, il n’y a pas de grand équipement scientifique, sauf peut-être l’institut de mécanique des Fluides rattaché à Lille 1 à l’époque, la recherche développement privée est quasi inexistante.

Le contexte universitaire ensuite

La Faculté des sciences qui implosait littéralement au centre de Lille (le nombre d’étudiants est passé de 1800 en 1954 à 6500 en 1965, soit une multiplication par 3,5 en 11 ans) s’est installée sur la cité scientifique à partir de 1964 avec l’ouverture de la cité d’urgence pour le premier cycle. Les bâtiments définitifs sont livrés en 1966 et 1967. Tout le monde connait le rôle qu’a joué le recteur Debeyre dans cette opération et celui des concepteurs du point de vue pédagogique : Michel Parreau, Jacques Tillieu et André Lebrun.
    Projection photo de 1969, photo de 1993 : 24 ans plus tard (enclavement par autoroutes, désenclavement par métro, quelques constructions nouvelles) et photo 2017.
    En 1970 nous sommes deux ans après le mouvement de 1968 qui a profondément marqué l’université, non pas seulement par ce qu’on appelle les événements, peu violents à Lille, mais surtout par une forme d’ébullition intellectuelle où on cherche des solutions nouvelles pour en finir avec le mandarinat. Dans ce cadre, des relations interpersonnelles se nouent qui joueront un rôle par la suite. Dès la fin du mouvement, on travaille à la mise en place de nouvelles structures transformant les relations hiérarchiques. Cela est particulièrement vrai au sein de la Faculté des Sciences, qui adopte de nouveaux statuts rééquilibrant la représentation des personnels et des étudiants dès juin 1968. La loi Edgar Faure du 10 novembre 1968 donne un cadre à un mouvement déjà enclenché. Cette loi prévoit la création d’universités autonomes et pluridisciplinaires.

Définition du périmètre et élaboration des statuts

On pense parfois que c’est le ministère qui a tout décidé. Non. Il a fixé le nombre d’universités par ville universitaire (trois dans les grandes villes). C’est donc à partir des débats dans les divers instituts composant les facultés de l’époque que les décisions de rapprochement se prennent.
    Il est clair qu’il y aura une université centrée sur la cité scientifique qui vient d’être édifiée et que la faculté des sciences en sera un élément central.
    Les économistes n’attendaient que cela pour quitter les juristes, trop mandarinaux à leur goût, sans oublier que la science économique a de plus en plus recours à la modélisation. Pour autant une partie des économistes reste à Lille 2. Ce qui n’est pas le cas des sociologues et des géographes qui viendront tous à Lille 1 quand leurs instituts décideront à leur tour de rejoindre Lille 1. Dans tous les cas la perspective de modes de travail nouveaux en laboratoire, la perspective de locaux plus adaptés et de moyens renforcés, même si c’est à terme, jouent un rôle à côté des relations interpersonnelles et des évolutions disciplinaires. Les scientifiques ne s’opposent pas. Je ne dis pas qu’ils sont enthousiastes mais ils ne manifestent pas de rejet.
    Une fois le périmètre défini, début 1970, il faut mettre en place la nouvelle université. Une assemblée constituante, présidée par René Defretin, le dernier doyen de la Faculté des Sciences, se réunit et élabore les statuts. Ils sont adoptés le 30 septembre 1970. Le ministère les approuve par arrêté le 29 octobre 1970. René Defretin est élu président par le nouveau Conseil d’Université le 27 Janvier 1971.

Les premières années de l’université : une nouvelle gouvernance

Durant cette période dont je viens de parler (1969-71), les discussions qui ont lieu, les travaux préparatoires n’affectent pas la vie universitaire. Dans les labos on travaille, les cours ont lieu normalement. La nouvelle gouvernance de l’université va se mettre en place progressivement. René Defretin recherchera le consensus et mènera une politique de bon père de famille jusqu’au moment de son départ en retraite en 1973.
    Il y a bien sûr des soubresauts de 1968. On peut penser en particulier à la manifestation massive et improvisée qui traduit une tension latente le 19 mars 1971. Les CRS ont investi le campus. La tension est palpable et le conseil d’université réuni en urgence décide la fermeture de l’université et une manifestation de la cité scientifique à la préfecture de Lille, président et vice-président en tête, a lieu. Pas d’incidents majeurs.
    Les années 1970-1980 seront cependant marquées par des éruptions de fièvre liées à la politique gouvernementale. Je pense à la période Alice Saunier Seité avec le mouvement des assistants non titulaires à partir de 1976 et la loi Sauvage en 1979 qui veut revenir en arrière sur la représentation des diverses catégories de personnels dans les conseils. 1981 passera par là.
    Avec le remplacement de René Defretin par Michel Parreau en 1973 commence à se mettre en place une nouvelle gouvernance de l’université qui sera approfondie par les présidents successifs, Jacques Lombard, même s’il n’est pas resté longtemps président, Michel Migeon et Jean Cortois.
    Il faut bien comprendre qu’à l’époque on oscille dans les universités entre le retour à un fonctionnement facultaire et la mise en place d’un véritable établissement capable de mettre en œuvre une stratégie. Les choix faits alors à Lille 1 vont dans cette seconde direction avec un souci : intégrer l’ensemble des composantes qui ont des cultures différentes. En mars 71 on met en place un bureau où toutes les composantes sont représentées. En octobre 73, avec le début du mandat de Michel Parreau, se met en place une équipe de direction de 6 membres. Pour l’époque, c’est une innovation que le CNE commente ainsi : « cela donne un large pouvoir d’initiative à l’équipe de direction et à son président, permet d’élaborer une stratégie d’établissement et de la mettre en œuvre de manière efficace ». Il pointe des inconvénients possibles : lourdeur de la tâche pour les VP et mélange des genres entre équipe et services. Les équipes qui se mettent alors en place intègrent des personnes venant des divers horizons de l’université. Il n’y a donc pas d’exclusion de secteurs disciplinaires dans la vocation à prendre des responsabilités (3 présidents viendront des SHS-SES). Cette organisation a aussi conduit à une certaine continuité dans la mise en œuvre des décisions dans la mesure où les présidents étaient issus de l’équipe précédente. La centralité est renforcée par la mise en place de ce que l’on a appelé les cellules (recherche, formation, relations internationales, valorisation, etc.) liées aux VP, véritables force de frappe pour mettre en place une politique volontariste. Cela a permis assez vite de faire en sorte que les discussions autour d’un projet qui se nouaient souvent directement entre le porteur et le ministère transitent désormais par l’université qui peut apporter le soutien logistique voulu et surtout l’intégrer dans une stratégie d’ensemble. Tous ces éléments couplés à la recherche d’une certaine transparence dans la répartition des moyens (les CJ et les EJ) ont été des facteurs d’intégration
    Cette période 1970-1980 de mise en place de la gouvernance de l’université coïncide avec une période de croissance modérée du nombre des étudiants, qui passent de 10300 (estimation) en 70/71 à 12355 (rectorat) en 80-81, augmentation de 20%.
    Je ne veux pas dire que ces années 70 ont été faciles. Il faut accueillir plus d’étudiants que ce qui avait été prévu lors de la construction de la faculté de sciences, configurée pour 6500 étudiants. La cité scientifique doit en accueillir beaucoup plus et doit héberger les enseignants des nouvelles composantes. C’est donc une période de tension forte au niveau des locaux. Il faut faire de la place. Cela passe par une mutualisation des amphis, par une occupation de tout l’espace d’urgence par les SHS que les étudiants de premier cycle de droit et de lettres vont quitter. La situation en termes de personnels est aussi très tendue, ce qui entraîne de nombreuses mobilisations durant toute cette période où les syndicats sont très présents et actifs.

Les années 1980-1990 : une dégradation rapide

On peut voir cette dégradation dans le slide extrait d’un des nombreux écrits qui accompagnent toute une série d’initiatives prises par les présidences successives pour faire prendre conscience par l’opinion publique de la dégradation de la situation et de l’urgence à intervenir : « pour un vaste plan de rattrapage dès octobre 1988 ».
    Le nombre d’étudiants dans les années 80-90 explose à nouveau, particulièrement dans notre région (n’oublions pas les conditions sociodémographiques dont je parlais au début). Il passe de 12355 en 1980-81 à 22958 en 1990-91 (augmentation de 86% en 10 ans). Il baissera par la suite avec un point bas en 2008-2009 (16718 inscrits) puis augmentera de nouveau pour atteindre 20 292 inscrits en 2015-2016.
    Durant cette période il y a un événement nouveau qui va changer la donne : la création de la Région en tant que collectivité territoriale en 1982. Elle fait suite à l’EPR créé en 1972 qui avait des compétences réduites. La nouvelle région bénéficie de nouvelles compétences spécifiques plus larges dont celle du développement économique, ce qui lui permettra d’intégrer les dimensions recherche et formation supérieure. Le développement de l’université devient un enjeu régional. Les élus prennent conscience de l’importance de l’université en termes de recherche, de formations supérieures et de développement économique et social. On assiste à une modification de la perception de l’université par les élus, même si le développement des formations courtes reste un objectif privilégié. Francis Wallart, un chimiste, est alors DRRT et Jean Bellet, un physicien, ancien vice-président du conseil scientifique sous la présidence de Migeon, devient le conseiller scientifique du nouveau président de région Noël Josèphe. A partir de 1984, grâce à l’aide de la région, de nouvelles constructions vont apparaître, permettant de desserrer un peu la contrainte des locaux (CRI, extension SH2, construction du SH1, salles d’examen qu’on voit sur la photo de 1993…). La dimension universitaire va, à partir de ce moment-là, être introduite dans les différents CPER à la fois en termes de construction mais aussi de soutien aux programmes de recherche. Le plan université 2000, lancé en 1990 par Lionel Jospin, aboutit à la création des deux universités nouvelles et à une programmation importante des constructions universitaires.
    L’évolution du nombre de personnels ne suit pas du tout la même tendance, et les années 1980 marquent un décrochage en terme d’encadrement tant en emplois d’EC que d’IATOS. Les taux d’encadrement s’effondrent littéralement et Lille 1, à la fin des années 80, apparaît parmi les universités les mal loties selon les normes ministérielles (GARACES à l’époque). Il y a de fortes mobilisations à l’initiative des syndicats et de la présidence : fermeture de l’université le 20 avril 1988, multiples manifestations, colloques, assises régionales fin septembre 1988. Cela culmine, de façon un peu inattendue d’ailleurs, le 19 Octobre 1988, avec l’organisation d’un tirage au sort pour définir qui pourra suivre les TD en mathématiques. La télé est là. L’émotion est très forte. Cela parait inacceptable. Le ministère décide d’un geste immédiat, débloque quelques emplois et renvoie au prochain contrat quadriennal en cours d’élaboration. La promesse est tenue et le contrat quadriennal 1989-1993 programme la création de 240 emplois d’enseignants (ce qui, à ma connaissance, est le nombre le plus important contenu dans tous les contrats) pour les quatre années à venir mais de seulement 15 emplois IATOS en 1990, renvoyant à un nombre non chiffré de créations ultérieures. Cet engagement sera globalement tenu. La situation du point de vue de l’encadrement se redresse. Par la suite, des emplois nouveaux seront régulièrement créés au titre du rattrapage et vous savez que dans les années 2005-2010 les taux d’encadrement de Lille 1 sont considérés comme conformes, sinon supérieurs, aux normes ministérielles, ce qui ne veut pas dire qu’ils soient satisfaisants et qu’il n’y ait pas des disparités. Les créations d’emplois ne correspondent plus à une logique de rattrapage mais à une logique de projets.
    Je viens de parler d’une situation dégradée et de nombreuses mobilisations. Cela ne veut pas dire qu’il n’y pas eu une très forte activité en terme de recherche et de formations. Il y aura un investissement exceptionnel des personnels, que reconnait d’ailleurs le CNE quand il écrit dans son évaluation de 1992 : « La réalisation simultanée des objectifs que s’est assignés l’USTL se situe en fait à l’extrême limite de ses possibilités, voire un peu au-delà ». C’est un coup de chapeau à tous les personnels.

1990 : une rupture forte avec le début de la contractualisation

Même si seul le premier contrat quadriennal précise des engagements chiffrés en matière de création d’emplois, la contractualisation a changé la donne. Le renforcement de la dimension prospective, l’institution d’une évaluation périodique ont conduit l’établissement à expliciter sa stratégie dans les différents domaines en insistant sur la cohérence d’ensemble et la soutenabilité du projet.
    Les autres caractéristiques de cette dernière période dont parlera certainement Philippe sont le renforcement des synergies internes par la création d’entités structurantes (laboratoires comme l’IEMN, fédérations de recherche comme l’IFRESI), l’implantation de nouvelles plateformes abritant des équipements lourds d’une part, le développement d’une politique de site d’autre part. Celle-ci se traduit par une mutualisation croissante entre établissements avec de nouvelles structures de coopération : PUEL en 1992 puis le PRES ; enfin COMUE en 2015 sous la forme d’un EPSCP. Cette mutualisation touche, à des degrés divers, quasiment tous les domaines : ED ; ESPE ; Relations internationales, la valorisation, l’entrepreneuriat, suivi des étudiants, etc. Ma liste est loin d’être complète. C’est dans cette logique de rassemblement et de mutualisation sur un site que se construisent le plan campus et les projets liés au PIA.

Je voudrais, pour terminer, insister sur ce qui me semble être l’apport de Lille 1 dans deux domaines : les formations et la recherche. Bien d’autres domaines pourraient être explorés mais il a fallu que je me limite. J’ai le sentiment d’être incomplet quand je pense par exemple aux relations internationales.

Le rôle de pionnier de l’université de Lille 1

sur bien des terrains du point de vue des formations

Avec le souci de démocratisation de l’enseignement supérieur et afin de faire face au plus près de chez eux à l’augmentation du nombre des étudiants, elle a poursuivi au début une politique d’antennes délocalisées Calais, Béthune, Lens, Dunkerque, qui ont été des briques pour la construction des universités d’Artois et du Littoral.
    Le souci de la professionnalisation constitue un marqueur constant. On peut mettre cela en rapport avec les besoins immenses de qualifications supérieures en région du fait de son retard et des mutations de l’appareil productif. Lille 1 a mené une politique volontariste dans ce sens.
    Un volet est la création de structures universitaires nouvelles : l’EUDIL en 1974 qui résulte de l’intégration de 4 MST créées en 1971 et qui traduit la volonté de créer à côté des écoles une filière universitaire de formation d’ingénieurs ; la création de l’IAAL en 1985 par transformation d’un institut existant ; la création de l’IESP en 1992, à l’initiative du SUDES en collaboration avec des partenaires industriels ; la création de l’ENIC en 1990 sous la forme d’un GIE avec le groupement des écoles des télécoms. Pour compléter ce tableau, il faudrait aussi parler du développement de l’IUT avec de nouveaux départements et de l’IAE qui se substitue à l’IPA en 1972.
    C’est aussi la création de multiples formations professionnelles pour répondre aux besoins de qualifications à différents niveaux. L’université exploite au maximum les possibilités ouvertes par les évolutions réglementaires : Deust, licences pros, magistères, Miage, IUP ; DESS (pour rappel, au début 2000, il y a 1600 inscrits en DESS et 1800 en IUP ! ) et les masters professionnels.
    Le troisième aspect sur lequel je voudrais insister est l’innovation pédagogique permanente. On la sous-estime souvent en interne. Or le fait est que l’université a toujours été en avance et quand j’entends à la radio les projets pour traiter l’échec en premier cycle, je me dis que beaucoup de ces remèdes ont été testés ici et que, s’ils ont dû être abandonnés, c’est le plus souvent faute de soutien suffisant dans les dotations. Je vais en citer quelques-uns : le deug personnalisé, le deug alterné, les plots de réorientation, l’année zéro, le deug par unités capitalisables, etc., sans oublier l’investissement consenti pour développer l’enseignement à distance, où Lille 1 a été un des initiateurs et est encore tête de réseau (Gemme ; unisciel… avec le SEMM).
    Le quatrième aspect est tout ce qui a été fait sur l’accueil, l’orientation et l’insertion professionnelle. Là encore on peut dire que Lille 1 a eu une longueur d’avance dans la création de ces services.
     Pour conclure ce point, je voudrais saluer tout ce qui a été entrepris dans le domaine de la formation continue. Dès 1967 André Lebrun a l’idée de créer un IPST. Ce sera finalement le CUEEP qui sera créé avec la préoccupation de favoriser la montée en qualification de toute une région. Je ne peux pas développer tout ce qui a été réalisé mais je citerai tout le travail accompli autour du DAEU, des actions collectives sur des sites (Sallaumines, Roubaix Tourcoing), les expérimentations dans des entreprises comme Renault à Douai, la formation de formateurs, etc. Cet effort s’est prolongé avec le SUDES et la mise en place en particulier de la VAE qui doit beaucoup aux initiatives et réflexions lilloises et où Lille 1 a été incontestablement leader. Un investissement extraordinaire a été consenti dans tout ce domaine.

La structuration de la recherche

Le déménagement sur la cité scientifique, en contribuant à donner des conditions de travail améliorées, en permettant de renouveler des matériels, et la mise en œuvre rapidement, dès les années 74-75, d’une politique de soutien à la recherche se sont traduits par une augmentation du nombre des équipes et en particulier du nombre d’équipes associées au CNRS.
    Cette politique a visé d’abord à ce que tous les EC puissent s’intégrer dans des équipes de recherche. Ne laisser personne sur le côté a été une préoccupation forte. Tous les secteurs y compris ceux où l’habitude de travailler en équipe n’était pas développée sont concernés. En 1992 il y a ainsi 61 équipes de recherche dont 35 sont des EA.
    Le second objectif a été de permettre un maximum de labellisation par les organismes de recherche. Il s’est accompagné d’un dialogue avec les organismes qui était auparavant sommaire. A partir de 1997 les contrats sont signés avec les organismes de recherche. L’augmentation des équipes associées est spectaculaire. En 2002 avec une cinquantaine d’équipes, plus de 70% des équipes ont une labellisation. On est nettement au-dessus aujourd’hui (plus de 85%).
    Pour atteindre ce résultat il a fallu mener une politique permanente de structuration-restructuration de la recherche autour d’axes qui ont aussi servi à la définition des opérations structurantes dans les divers CPER. Je ne vais pas développer ce point que vous connaissez tous. Je veux seulement insister sur le mixage qui en a résulté avec les équipes des autres universités, un mixage qui avec le temps s’est approfondi. La diapo projetée présente les interrelations entre équipes au moment de la contractualisation 1997-2002 : elles sont importantes et Lille 1 est un acteur majeur.
     Je n’omettrai pas l’épisode du projet Soleil (1996-97) qui a suscité une forte mobilisation et dont l’issue laisse un souvenir amer bien que les contreparties n’aient pas été négligeables : implantation de l’INRIA, renforcement de l’IEMN, création de l’IRCICA, du pôle sécurité dans les transports terrestres, et l’IRI, qui a cessé ses activités depuis. Pour accompagner cela, l’université s’engageait à y affecter une vingtaine d’emplois.
     Je ne citerai la valorisation de la recherche que pour mémoire alors qu’une partie de mon activité post-présidence a porté sur le soutien aux start-up.

Tout ce que je viens de décrire est le résultat de l’implication de tous et de toutes. J’ai beaucoup parlé des équipes de direction, pas assez des acteurs de terrain. L’université telle qu’elle s’est construite, c’est d’abord une œuvre collective où chacun a participé. Un lien social fort s’est construit – je le ressens à l’ASA – et je peux comprendre que certains (c’est un peu plus fort chez les anciens) craignent que ce lien social soit remis en cause à l’avenir. Je n’ai pas cette crainte pour ma part. C’est un nouveau lien social, dans un nouveau projet que sera l’université de Lille, qu’il faudra créer mais il s’appuiera sur ce qui a été construit et dont on peut être légitimement fiers. C’est le challenge auquel sera confronté Jean-Christophe et je lui souhaite plein succès.

MERCI DE VOTRE ATTENTION.

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