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Redécouverte des bâtiments anciens des universités à Lille (2 juin 2017)

samedi 18 mai 2019 par Bernard BELSOT

Redécouverte des bâtiments anciens des universités à Lille
(2 juin 2017)

Au rendez-vous à 14h30, au pied de la statue de Pasteur sur la place Philippe Lebon, nous n’étions que sept dont seules deux personnes n’avaient pas connu ces lieux d’enseignement. Premier élément notable : la statue de Pasteur, premier doyen de la Faculté des Sciences de Lille de 1854 à 1858 entre un poste à Strasbourg (d’où l’université Louis Pasteur) et un poste à Paris.

Faisons le tour de la statue sur son piédestal en pierre bleue : nous découvrons le nom de l’architecte : Louis Cordonnier, le sculpteur : C-A Cordonnier, le fondeur : Thiebaut Frères, et l’entrepreneur : André Lepez.En plus de la statue en bronze de Pasteur au sommet du monument, trois grandes statues en bronze représentent successivement une première femme debout tendant un enfant vers Pasteur, (on peut supposer pour le sauver en le faisant vacciner), une seconde femme assise tenant son enfant malade (ou en instance de guérison) sur ses genoux et un homme à demi-nu, assis sur un tambour tenant de la main droite un ballon à long col (en principe ballon en verre utilisé en chimie où Pasteur avait découvert les « microbes ») et une barre de fer de la main gauche.

Entre ces statues, des médaillons rectangulaires en bronze représentant successivement : Pasteur regardant par l’oculaire d’un microscope et annotant ce qu’il voit devant un de ses élèves avec une date 1857 ; le deuxième médaillon porte la date de 1885 et représente la vaccination d’un enfant tenu par sa mère devant deux scientifiques (peut-être médecins ?) ; le troisième médaillon porte la date de 1881 et représente la vaccination (ou le prélèvement de sang contaminé par le charbon du mouton) d’un mouton ayant la maladie du charbon, devant Pasteur et un nombre imposant de scientifiques. Un an avant sa mort (1895), Pasteur est venu à Lille (1894) et a été ovationné par les étudiants. Rappelons que Pasteur était chimiste et non médecin d’où de nombreux problèmes avec les médecins tout au long de ses découvertes.

En haut de la colonne en pierre bleue, un médaillon en pierre portant l’inscription : « A Louis Pasteur pour son centenaire (de sa naissance à Arbois dans le Jura) 1922 ». L’inauguration du monument à Pasteur s’est faite le 9 avril 1899 au centre de la place Philippe Lebon (et non légèrement sur le côté comme actuellement) chimiste (1767-1804) qui étudia les gaz de combustion pour le chauffage et l’éclairage (thermolampes). J’ignore si les statues ont été fondues par les Allemands pendant la guerre 14-18. Sur la même place, l’église Saint-Michel (1869-1875) a eu pour architecte Coisel et les peintures intérieures sont de Colas.

Nous nous dirigeons vers l’ancienne Faculté de Médecine et de Pharmacie, dont la première pierre a été posée par Jules Ferry en avril 1890, les bâtiments ont été dessinés par Carlos Batteur et achevés en 1892. Cette faculté s’est déplacée en 1954 au CHR venant d’être construit. Les bâtiments ont été alors récupérés par la Faculté des Sciences, l’administration y a ses bureaux et les mathématiques y sont enseignés jusqu’en 1966. Les bâtiments (en briques rouges, briques colorées vernissées et pierres blanches) sur la place Philippe Lebon et la première cour intérieure ont été ravalés et « modernisés » (voir la nouvelle toiture) et servent de logements, après un découpage en de nombreux appartements. De la porte d’entrée vitrée, j’essayais d’expliquer ce que représentait la lunule en bronze, autrefois en haut de la façade, et désormais au fond de la cour (photo ci-contre), qu’une dame habitant les lieux nous a invités à pénétrer dans le hall d’entrée et à aller voir de plus près ce bronze représentant une leçon d’anatomie en Faculté de Médecine. On remarque aussi le blason de Lille représentant une fleur d’iris (bien marquée) et non de lys comme on dit souvent (en réalité depuis la prise de Lille par Louis XIV pour lui faire plaisir !). En sortant de ce bâtiment, on voit le blason de Lille (sous Napoléon III, alors pourquoi en 1892 ?, on est en république) représentant la porte de Paris sur les remparts et des boulets de canons volant au dessus de ces remparts (comme en 1792, les boulets sont autrichiens, mais c’est du côté portes de Roubaix, de Gand et de Fives) !

Nous longeons rue Jean Bart le même bâtiment assez délabré qui, après la Faculté de Médecine et de Pharmacie a servi de centre de Documentation pour l’enseignement (photo ci-contre). On arrive place Georges Lyon, on prend à droite rue de Bruxelles et pénétrons dans la cour de l’ancien Institut industriel du Nord de la France (1875) devenu École Centrale de Lille à la Cité scientifique à Villeneuve-d’Ascq. On remarque les piliers en fonte soutenant le préau. Un amphi se trouve en fond de cour…

Nous repartons place Georges Lyon et nous faisons le tour de la statue d’Auguste Angellier, (1848-1891) poète boulonnais et qui a été doyen de la Faculté de Lettres que nous verrons bientôt. Derrière ce petit square, nous admirons la toiture de l’ancienne Bibliothèque universitaire.

Nous prenons la rue Angellier, passons devant le bâtiment où nous allions passer nos visites médicales quand nous étions étudiants puis place du Temple où nous voyons le temple protestant et au début de la rue Gauthier de Châtillon, l’ancien Institut de Physique, dans la cour l’amphi Bruhat où certains ont eu quelques péripéties. Au dessus de la porte d’entrée de l’Institut, (devenu l’école de Journalisme de Lille) le buste de Delezennes un des créateurs de la partie physique de la Faculté des Sciences. Sur la porte en acier, l’emblème de l’Université repris par l’ASA que nous voyons sur les documents de notre association. Avec l’accord de la concierge, impressionnée par les titres de certains des participants, nous pénétrons dans ce bâtiment pour voir l’amphi en demi-lune dont certains se souvenaient en cercle. Très bel amphi avec de belles colonnes en bois où certains ont raconté quelques histoires qui leur sont arrivées dans ce lieu. Nous avons vu aussi les passages en fonte et verre qui donnent dans la cour intérieure…

Après la Faculté de Droit et des Lettres, ce bâtiment a servi pour le CUEEP avant d’être Sciences Po Lille. Suite à la demande de Jo Losfeld, on nous permet d’aller découvrir les amphithéâtres tout neufs, des salles de travaux dirigés, la salle du Conseil de la Faculté des Lettres, et surtout une grande fresque sur deux étages (photo ci-contre), avec des enseignants, mais aussi des animaux de ferme, des usines telles qu’usines textiles… qui est à rénover. Sortant de ce bâtiment, nous prenons à droite et admirons la façade de la synagogue (photo ci-dessous) avec un beau vitrail orné de l’étoile de David, puis l’ancienne Faculté de Droit et Lettres construite en 1895 par l’ingénieur en chef de la ville de Lille Alfred Mongy (1840-1914) (celui du grand Boulevard, de son tramway avec Arthur-Ghislain Stoclet et Antoine-Florent Guillain). Nous admirons le fronton triangulaire avec les personnages en toge, professeurs en droit ou en lettres et allégories.

Nous traversons la rue pour aller découvrir l’ancienne Bibliothèque universitaire où nous allions comme étudiants ou enseignants compulser différents ouvrages ou publications. Le bâtiment appartient maintenant à l’école de Journalisme après avoir servi de consulat pour certaines salles de l’entrée et comme salle de théâtre pour la grande salle du rez-de-chaussée. On nous permet de faire le tour de cette salle entièrement refaite à condition de faire silence pour ne pas gêner les étudiants qui y travaillent.

Nous nous rendons rue de Bruxelles et rue Gosselet pour voir l’entrée du Musée d’Histoire Naturelle et l’ancienne entrée de l’Institut de Géologie. On se souvient dans la montée du monumental escalier, de la carte murale représentant le bassin minier du Nord - Pas-de-Calais allant de l’Angleterre aux Ardennes que Francis Meilliez nous avait fait découvrir.

En passant par la place Jeanne-d’Arc, où la statue de Jeanne d’Arc, offerte par un couple de Lillois au siècle dernier, (copie de la statue existant à Paris), était au centre de la place quand nous étions étudiants et a été déplacée sur le côté de la place dans les années 1970, nous nous rendons rue Barthélemy-Delespaul pour admirer la façade récemment ravalée de l’ancien Institut de Chimie bâti entre 1892 et 1894, où un certain nombre d’entre nous avons usé nos fonds de culotte puis avons été moniteurs de TP et assistants et avons réalisé nos premières années de recherche. Après avoir servi comme salles de réunion et d’administration des différents syndicats, l’Institut de Chimie appartient au Ministère de la Justice, et il nous a été interdit d’y entrer. Pratiquement en face, le no 112 est une maison de style Art nouveau (rare à Lille).

Plus loin, nous allons découvrir un ensemble de bâtiments que peu connaissent, du 32 au 38 rue Gantois, voulu et financé en partie par Napoléon III et bâti de 1859 à 1862. Ce sont six bâtiments en briques, peintes en blanc actuellement, avec de belles clefs d’embout de poutres en fonte (avec des feuilles de chêne et le N de Napoléon) et des colonnes en fonte qui supportent les dessus de fenêtres. Auparavant, il y avait des passages couverts entre les bâtiments. Conçus pour recevoir 1 000 personnes de familles ouvrières pour améliorer leurs conditions de vie, en favorisant l’hygiène, l’accès à l’eau potable, la présence de lumière, en comparaison des courées insalubres du quartier Saint-Sauveur (Victor Hugo), la densité de population à Lille (à l’intérieur des remparts, avant l’agrandissement de Lille de 1858) était de 414 habitants au km2 contre 364 à Paris avant Haussmann. Devenue Cité philanthropique en 1884, puis Cité philanthropique Napoléon, elle a été rénovée en 1974 et réhabilitée en 2007 et convertie en logements sociaux pour personnes âgées.

Nous rejoignons la place Philippe Lebon, sans oublier de passer par la rue de Fleurus pour y regarder la « Maison Coillot » bâtie par Guimart, celui qui a réalisé entre autres les entrées de métro de Paris. Coillot, dont la société vendait et posait les carreaux de faïence biseautés du métro a rencontré à Paris sur le chantier du métro Guimart architecte Art nouveau, faisant partie de l’école de Nancy, il lui demanda de lui construire à Lille, (dans le nouveau quartier) une maison Art nouveau en utilisant en façade le matériau le plus cher qu’il commerçait, la pierre de lave verte. Cette façade a été conçue en biais pour rattraper le biais de la parcelle du terrain par rapport à la rue. À l’intérieur, les meubles, les poignées de porte sont Art nouveau et ont été réalisés par Guimart. À Paris, l’immeuble où logeait Guimart a été démoli, mais les boiseries de son salon Art nouveau se trouvent au Musée des Arts Décoratifs situé au Louvre ! (à voir absolument) !

Cet après-midi s’est terminé par un café bien chaud dans un des cafés de la place Philippe Lebon comme du temps de nos années d’étudiants.

Bernard BELSOT


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